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Mercredi 02 Décembre, 2015


#SolutionsCOP21 : Arnaud Rolland, Directeur RSE de CCE explique l'Eco-Conception selon Coca-Cola Entreprise

Coca-Cola Entreprise s’allège ! Du moins pour ses emballages qui font partis de l’éco-conception voulue par la société qui souhaite adapter ses techniques de production à la nécessité de réduire son empreinte carbone. Rencontre avec Arnaud Rolland, le responsable développement durable de Coca-Cola Entreprise, qui a dévoilé, le 4 juin dernier, lors du salon Exposition universelle de Milan, la première bouteille en polyéthylène téréphtalate (PET) d’origine 100% végétale. Réutiliser les emballages déjà mis sur le marché : c’est la volonté de Coca-Cola Entreprise qui se penche depuis quelques années sur l’éco-conception, c’est-à-dire la prise en compte de l’emballage du produit sur toute sa durée de vie. Arnaud Rolland nous détaille les étapes de cette boucle vertueuse … Est-ce si facile d’ailleurs de recycler une canette de soda et le plastique des bouteilles ?

Yolaine de La Bigne : On parle d’éco-conception qui est vraiment une des grandes tendances chez Coca-Cola pour gérer les problèmes d’emballages. Et dans l’éco-conception vous réutilisez des matériaux recyclés. Alors comment est-ce que cela se passe ? Car ce n’est pas évident pour nous à comprendre.

Arnaud Rolland : L’idée de départ est extrêmement simple. Plutôt que d’acheter de nouvelles matières premières pour produire de nouveaux emballages, on va faire en sorte de réutiliser les emballages qu’on a déjà produit, qui ont déjà été mis sur le marché. Que ce soit des bouteilles en verre, des bouteilles en plastique ou des canettes en acier. Effectivement, en le disant c’est simple, le faire est beaucoup plus complexe car cela met en œuvre différents acteurs. Il faut déjà s’assurer qu’on puisse les collecter car ces emballages sont consommés dans tous les foyers français, il faut donc s’assurer d’avoir un système de collecte qui permette de récupérer ces emballages. Aujourd’hui, 67% de tous les emballages ménagers sont recyclés en France, nous avons donc une marge de progrès à réaliser. Ensuite il faut s’assurer que l’on ait l’outil industriel suffisant, qui est capable de traiter ces emballages collectés, pour les rendre aptes au contact alimentaire, c’est-à-dire réutilisables pour refaire de nouveaux emballages et de nouveaux produits.

Yolaine de La Bigne : En fait, comme on fait depuis très longtemps pour les bouteilles en verre ? Mais il faut faire ça pour le plastique et pour l’aluminium.

Arnaud Rolland : Absolument. Et donc toute cette boucle vertueuse qui consiste donc à récupérer les emballages, les retraiter et les réutiliser pour faire des nouveaux produits, c’est ce qu’on appelle l’économie circulaire.

Yolaine de La Bigne : Et là d’un point de vue technique, ça ne pose pas de problème notamment pour les canettes, pour l’aluminium, on réussit techniquement maintenant ?

Arnaud Rolland : Aujourd’hui sur le métal, que ce soit l’acier ou l’aluminium, cette boucle fonctionne depuis un certain nombre d’années puisque le métal se recycle très facilement et à l’infini. Les métaux sont refondus, on peut donc en faire plein d’applications possibles. Si vous prenez l’exemple de l’aluminium aujourd’hui, l’aluminium est réutilisé dans la chaine des emballages, dans la chaine aussi de l’aéronautique et dans l’automobile, ce sont les trois grands débouchés de l’aluminium. Là où c’est plus complexe c’est sur le plastique, car le fait de pouvoir réutiliser du plastique pour refaire de nouveaux emballages c’est encore une technologie assez récente sur le marché français puisque ça a moins de 10 ans, tout simplement parce qu’il y a 10 ans nous n’avions pas encore les techniques suffisantes pour pouvoir s’assurer que le plastique qu’on recycle puisse faire une nouvelle bouteille. Aujourd’hui c’est possible et c’est pour cela que nous, nous nous sommes engagés dans cette filière depuis trois ans maintenant et nous sommes associés avec le leader français de la réutilisation du plastique pour refaire de nouvelles bouteilles, et avec eux nous avons créé une co-entreprise qui s’appelle Infineo, qui comme son nom l’indique, vise à faire en sorte que nos anciennes bouteilles, celles que l’on a triées, puissent redevenir de nouveaux emballages. Aujourd’hui Infineo est un projet qui fonctionne, Plastipak Packaging (anciennement APPE) a une usine à Sainte-Marie-la-Blanche en Bourgogne, qui produit chaque année 48 000 tonnes de plastique PET recyclé et qui donc, nous approvisionne, nous, en plastique recyclé pour refaire de nouvelles bouteilles. 

Pour en savoir plus : Rapport RSE 2014/2015

Pour écouter l'interview : Interview Arnaud Rolland

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