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Lundi 09 Mars, 2015


"Nous allons investir 30 millions d'euros à Grigny pour créer une nouvelle ligne de production"

Entré chez Coca-Cola il y a trente ans, Hubert Patricot pilote aujourd’hui la production et la distribution de toute la gamme du groupe en Europe. Avec 54,3 % de part de marché, Coca-Cola reste le leader incontesté en France des boissons sans alcool.

Propos recueillis par Bénédicte Alaniou - Le Parisien Economie

Vous avez lancé Coca-Cola Life en décembre dernier. Comment les consommateurs ont-ils accueilli cette nouveauté ?
Life est un soda allégé en calories et élaboré avec de la stevia, un édulcorant naturel, qui cible les plus de 30 ans. Il bénéficie d’un très bon accueil et d’un fort effet de curiosité des consommateurs. C’est bénéfique pour notre portefeuille de marques, qui s’enrichit, et pour le marché des soft drinks (NDLR:Boissons sans alcool), sur lequel nous sommes leader en France, que ce lancement dynamise. Globalement,en France, 2014 a été positive pour nous avec une croissance de 3,4%* en valeur, supérieure à la progression du marché des sodas qui a été de 2,9%*. (*Nielsen HMSM+ Drive 2014)

Vous aviez également lancé Finley en avril 2014. Les lancements s’accélèrent ?
La France a effectivement été le premier pays à accueillir Finley, une boisson gazeuse aux fruits faible en calories, que nous implantons maintenant en Europe. L’hexagone est un marché clé pour le groupe car les adultes y consomment moins de boissons gazeuses que leurs voisins européens. Ces lancements s’inscrivent dans notre stratégie d’innovation et de choix pour les consommateurs, initiée en 1988 avec Coca Light qui a créé la catégorie des boissons sans calorie en France, et poursuivi avec Zéro en 2007, qui reste, à ce jour, le meilleur lancement d’un produit agroalimentaire en France.

Le groupe possède 17 sites d’embouteillage en Europe. Combien en avez-vous en France ?
La France compte cinq sites à Dunkerque (Nord), Marseille (Bouches du-Rhône), Toulouse (Haute-Garonne), Clamart (Hauts-de-Seine) et Grigny (Essonne). 90% de ce qui est consommé par les Français est «made in France ». En 2015, nous allons investir 30 millions d’euros à Grigny pour créer une nouvelle ligne de production de canettes. En tout, nous avons investi 217 millions d’euros dans notre outil industriel entre 2009 et 2014. Et nous sommes également très impliqués dans l’accès à l’emploi des jeunes issus de quartiers défavorisés grâce à « Passeport pour l’emploi».

C’est une opération qui est née à Marseille ?
Oui, en 2005, et nous l’avons étendue depuis sur toute la France. Nous sommes partis du constat que les jeunes des quartiers défavorisés ne connaissent pas l’entreprise. Nous ouvrons donc nos usines aux collégiens et aux lycéens pour que nos salariés leur décrivent leur métier. Ces jeunes peuvent également, s’ils le souhaitent, bénéficier d’aides pour rédiger leur CV ou préparer un entretien. Ils sont 20.000 à en avoir profité depuis 2010. Nous avons également signé le plan «Entreprises et quartiers » pour favoriser l’embauche de jeunes issus de zones en difficulté.

Et la parité est également une priorité ?
Effectivement, chez Coca-Cola Entreprise, quatre femmes siègent au conseil d’administration et elles sont presque une sur deux (45%) au Comité de direction en France. Coca-Cola est né aux Etats-Unis mais c’est une marque universelle, présente dans le monde entier et nous considérons que la diversité est une source de performance.

Vous revendiquez également une implication très forte en matière de développement durable. Comment se traduit-elle ?
Nous sommes déterminés à conjuguer croissance et développement durable, et tous nos investissements sont examinés à cette aune. A l’horizon 2020, nous voulons réduire d’un tiers l’empreinte carbone de nos produits.Nous sommesdéjà à -18%. Cela passe par des gestes très simples comme supprimer le froid et la lumière dans nos armoires réfrigérées la nuit et les réactiver au matin. Nous travaillons aussi beaucoup sur le tri des déchets et le recyclage.

Quelles sont vos actions dans ce domaine ?
Les bouteilles que nous utilisons contiennent déjà 32 % de PET (NDLR : plastique utilisé pour la fabrication des bouteilles) recyclé. Nous avons notamment investi 8,7 millions d’euros à Beaune (Côte-d’Or) dans un site dédié au recyclage du PET. Et nous menons de nombreuses actions de sensibilisation des consommateurs à ces questions. Le sommet de Paris en décembre va nous permettre de réaffirmer nos engagements.

Comment Internet fait-il évoluer votre activité ?
Nous avons des équipes digitales dans tous les pays pour nous permettre d’accompagner les grandes chaînes de distribution, alors que les consommateurs utilisent de plus en plus l’achat en ligne. Pour l’instant, dans l’agroalimentaire, cela concerne 4% à 5% du marché européen mais ce chiffre va doubler dans les cinq ans. En France, le drive compte déjà plusieurs milliers de points de vente. Notre objectif est bien sûr que nos produits soient accessibles mais nous réfléchissons beaucoup plus loin, en imaginant, par exemple, à la façon de connecter nos milliers de machines réfrigérées. Mais le trafic en magasin reste au coeur de notre modèle.

Le sport est un levier puissant pour l’augmenter ?
Oui, le sport est dans l’ADN de Coca-Cola. Cette année, nous sommes partenaires de la Coupe du monde de rugby et en 2016, nous le serons de l’Euro de football qui va se dérouler dans dix villes françaises et amener 2,5 millions de personnes dans les stades. Les grands événements sportifs véhiculent des valeurs de performance et d’esprit d’équipe que nous partageons totalement.

La croissance sera encore au rendez-vous en 2015 ?
Nous la construisons jour après jour, grâce à un moteur, celui de l’innovation. Le monde bouge, nous devons être à l’écoute et capter les attentes des consommateurs. Il y a dix ans, il aurait été impensable de mettre un prénom sur notre étiquette, comme nous avons proposé à nos consommateurs de le faire en 2014. Cette opération a été un grand succès car aujourd’hui il y a une vraie demande de personnalisation. Coca-Cola est une marque née au XIXe siècle et qui est toujours en phase avec les consommateursduXXIe siècle.

*Coca-Cola Entreprise assure la production, la commercialisation et la distribution des produits de The Coca-Cola Company en Europe de l’Ouest

Une nouvelle stratégie de marque

A partir du 12 mai, Coca-Cola opère un changement de fond dans sa communication. Jusqu’à présent, les quatre boissons – Coca-Cola Zero, Light, Life et le Coca rouge classique – avaient chacune leur territoire et on ne les mélangeait pas.
Désormais, la marque les rassemble. La «famille» Coca sera incluse dans toutes les publicités, où les quatre bouteilles seront représentées, chacune avec son étiquette rouge, grise, noire ou verte. Côté visuel, canettes et bouteilles adopteront un style uniformisé qui mettra en avant les caractéristiques propres de chaque Coca, par exemple «zéro sucre, zéro calorie». Objectif de cette nouvelle stratégie : montrer au consommateur que Coca lui donne le choix. Cette thématique est déclinée dans la signature de la nouvelle campagne de pub, qui bénéficiera d’un budget qualifié de «conséquent». Avec «Choisir le bonheur», le groupe mise sur l’optimisme et compte bien surfer sur les bons chiffres de vente enregistrés en 2014.

Hubert Patricot

Président Coca-Cola Entreprise Europe

   

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